Compte rendu réunion avec Rémaury 12/02

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Compte rendu réunion avec Rémaury 12/02

Message par Babette le Mer 18 Fév - 15:26

COMPTE RENDU DE L’ENTRETIEN AVEC Mme REMAURY
Suite aux décisions prises lors de l’Assemblée Générale du 10 février au Centre de Pantin, une cinquantaine d’Agents (Archéologues et Administratifs) d’Île-de-france (Croissy-Beaubourg, Pantin, SDAVO) se sont réunis à la Direction Interrégionale CIF ce jeudi 12 février.
Cette action, non syndicale, avait pour but de provoquer un entretien immédiat avec notre Directrice régionale, Mme REMAURY, qui a accepté de nous entendre.
Cet échange abordant les thèmes et revendications de l’Assemblée générale a duré environ 1h30.
A PROPOS DES DYSFONCTIONNEMENTS
DES RFO MEDIOCRES ?
Parmi les dysfonctionnements constatés en CIF à l’origine du projet de réorganisation, sont mentionnés les RFO en retard et de qualité médiocre.
Pour la question des retards il est clair qu’il ne s’agit que d’une question de moyens et d’enchaînement d’opérations sans qu’aucune d’entre elles ne puisse être menée à son terme. Les responsables d’opérations, parfaitement conscients de cet état de fait, ne sont donc pas maîtres du calendrier. L’état des centres archéologiques et les moyens mis à disposition ne font qu’accentuer les retards de rendus.
Concernant la médiocrité des rapports, des précisions ont été demandées à Mme la Directrice. Elle n’est pas en mesure de répondre par elle-même (de juger) et renvoie cette information à leurs auteurs, en l’occurrence au SRA. Elle prétend que ce n’est pas les RO concernés qui sont visés mais l’INRAP en tant que structure. Il est tout à fait curieux de constater de ce point de vue une différence nette entre ce que nous annonce Mme la Directrice en préambule du projet et ce que nous disent nos collègues du SRA à cet égard.
Les relations que nous avons tissées depuis déjà beaucoup d’années, bien avant que Mme la Directrice ne prenne ses fonctions en Île-de-France, sont fondées sur des relations de confiance, une confrontation des données et le contrôle scientifique. Si les rapports soumis au SRA et aux CIRA ne donnaient pas satisfaction, les arrêtés de désignation ne seraient plus délivrés.
DES DIAGS TROP COUTEUX ?
Nous avons remis en cause les données concernant le ratio jour-homme à l’hectare tant reproché à Cif. Nous avons dénoncé les différences qui existent entre les interrégions ainsi que le mode de calcul de ces ratios.
Mme la Directrice nous a affirmé que Cif dépensait 9 jour-homme/ha par diagnostic et que la moyenne nationale est à 6,5 : cela signifie que d’autres régions sont bien en-dessous.
Nous avons refusé les conditions de travail à l’oeuvre dans d’autres régions et qui restent inacceptables, comme être seuls derrière une pelle mécanique au mépris total des règles de sécurité élémentaires.
Rappelons de surcroît que les chiffres donnés varient régulièrement de 7 à 14 pour notre interrégion… Comment sont-ils calculés ? La direction se montre incapable de donner des chiffres fiables, d’utiliser des indicateurs crédibles ni de mettre en relation le nombre de sites découverts.
L’organisation telle que l’entend Mme REMAURY remet en cause la responsabilité du RO. Les choix scientifiques revenant à son supérieur hiérarchique unique : l’AST.
Se voulant apaisante, Mme REMAURY a reconnu le RO comme responsable sur le terrain, dissociant étrangement le post-fouille.
Rappelons que l’arrêté de désignation porte sur l’opération jusqu’à la remise du rapport et son acceptation.
LE VOLET EMPLOI
Des opérations de plus en plus nombreuses sont prévues et prêtes à démarrer sans équipe ou de façon très incomplète. Mme la Directrice se défend de tout moyen d’action en arguant que le plafond d’ETP est identique à celui de l’année dernière : il n’y a rien à faire. Nous voyons 2 possibilités de réaction à cette inertie:
- refuser de démarrer les opérations
Que devient notre travail si nous n’avons pas les moyens de le faire ? Notre mission est de documenter et de conserver le patrimoine, pas d’être les cautions scientifiques d’une destruction de site.
- se battre pour déplafonner l’emploi : chaque début d’année le nombre d’ETP est équivalent au plus fort de l’activité de l’année précédente. Il appartient donc à la Direction Générale ainsi qu’aux directions interrégionales d’en demander plus. Nous avons proposé notre contribution à ce combat.
Il nous a été précisé en termes d’emploi, que 10 postes fonctionnels ont été demandés et qu’un POA serait engagé en 2009. Il apparaît cependant que la création d’un nouveau centre va augmenter les besoins de gestionnaires de moyens, de mobilier, de documentation, AT de proximité etc…. Les 10 postes promis seront insuffisants à combler ces besoins. L’éventuel POA n’interviendra qu’à l’issue d’un hypothétique repyramidage, puis des nominations volontaires, des mutations et recrutements internes. Autant dire qu’il n’est pas pour tout de suite…
C’est comme cela que l’on traite l’urgence ici !
LES 20 MILLIONS D’EUROS ATTENDUS
La rallonge de 20 millions d’euros, promise par les sénateurs, pour réaliser des diagnostics est à répartir entre l’Inrap et le FNAP. Rien n’est encore certain et aucune confirmation n’est prévue avant le mois d’avril. Ce point doit être débattu en conseil d’administration mais aucune date n’a été arrêtée.
ORGANISATION ET CENTRES ARCHEOLOGIQUES
Le centre archéologique de Pantin est vétuste, sale et sombre, trop encombré et ne permet qu’une trentaine de postes de travail : il est inadapté à nos besoins. Des problèmes identiques sont rencontrés à Croissy-Beaubourg. Nous avons fait remarquer notre impossibilité matérielle aujourd’hui d’étudier du mobilier. Les prochains centres ne sont encore qu’à l’état de projets. En attendant, que faire ?
Les agents pantinois proposent de tous aller à la Courneuve en attendant la création des prochains centres !
Mme la Directrice nous a répondu que la Base de la Courneuve est trop petite pour accueillir tout le monde. C’est pourtant bien plus grand que l’actuel centre de Pantin !
Mais selon son projet qui seront les heureux élus ?
Il y aura une mutation d’office pour les personnes attachées à une région/terroir, mais pour les autres personnes dont le travail s’organise de manière transverse ou chronologique, il n’y a rien de défini. Nous avons rappelé à Mme REMAURY que son découpage géographique ne correspond pas aux terroirs historiques sur lesquels nous travaillons. A titre d’exemple, le territoire tel qu’il est dessiné par Mme la Directrice coupe la plaine de France en deux.
Nous avons également précisé que son découpage selon les bassins d’activité est absurde puisque ces bassins sont limités dans le temps alors que la domiciliation des agents est beaucoup plus stable. Il est inutile de perdre des heures de transports pour venir faire les post-fouilles à proximité des terrains déjà rendus aux aménageurs. Seules les bases de repli telles que celle de Savigny ont une raison d’être à proximité du bassin d’activité. Il ne s’agit là en aucun cas de centres archéologiques.
A la question : pourquoi ne pas avoir demandé l’avis des personnels concernés par ces mutations ? Mme la Directrice répond qu’elle pensait que demander des listes à Sinh (assistante opérationnelle Cif) et aux AST suffisait.
Quand et comment vont-ils informer les agents qu’ils sont ou non concernés par le nouveau centre ? Cette situation est intolérable !
Mme REMAURY nous assure que les équipes territoriales, thématiques comme chronologiques pourront travailler comme avant. Mais comment, si nous ne pouvons même pas nous prononcer sur notre activité ?
A la question : le travail déjà bien engagé par la direction précédente (M. Sidaner) pour organiser la nouvelle base de la Courneuve a-t-il été pris en compte par la nouvelle direction ? Mme la Directrice n’a rien répondu avant de demander à Pascal Raymond un exemplaire réactualisé de la
carte de répartition du domicile des agents CDI demandé par M. Sidaner. Dommage qu’elle ait attendu 5 mois pour le lui demander car il part en vacances… On verra en mars….
Rappelons que la présentation du projet de réorganisation est prévue le 10 mars en CTP central !
SUR LA PERTINENCE D’UN ECHELON HIERARCHIQUE
Nous avons exprimé notre opposition face à la création d’un nouvel échelon hiérarchique qu’il soit administratif ou scientifique.
Mme REMAURY nous a expliqué que cette création était rendue nécessaire pour plusieurs raisons. Pour chacun des arguments avancés nous avons opposé des remarques et proposé d’autres solutions :
- Elle nous affirme ne pas avoir les connaissances scientifiques pour contrôler le travail des AST.
Ce à quoi nous répondons qu’il suffit de leur faire confiance plutôt que d’envisager de les contrôler.
Il y a danger : un supérieur unique aura la décision définitive sans avoir besoin de prendre en compte des avis collégiaux. Sera-t-il omniscient ? A qui va-t-il rendre des comptes : Conseil scientifique, DST, SRA, CIRA ?
- Elle dit avoir trop de travail pour tout faire. Cif est une interrégion trop vaste pour une direction à une seule tête. Selon elle, les 2 postes de direction ont vocation à réduire sa propre charge de travail (elle ne peut pas travailler plus de 10 ou 12 h par jour).
Nous proposons de redemander la division du Centre et de l’Ile de France en 2 interrégions distinctes.
- Les AST ont trop de travail et ont besoin d’être « animés » (sic) pour réussir à travailler ensemble.
Mais nous travaillions bien, avant l’arrivée de Madame REMAURY.
Une autorité supplémentaire n’allégera pas la charge de travail des AST et ne les obligera pas plus à travailler ensemble. Les problèmes de personne doivent être réglés entre les personnes. Ce n’est pas à nous d’en supporter le poids.
Nous demandons la création d’un 4e poste d’AST, au même rang hiérarchique que les 3 autres. Il aurait éventuellement un rôle de coordinateur chargé d’entretenir la collégialité. La seule réponse obtenue porte sur l’ouverture de postes d’AST au national. Aucun n’est prévu pour l’Île-de-France, des « régions entières étant sans AST ». Nous avons demandé lesquelles, sans obtenir de réponses.
Plus globalement nous avons réaffirmé nos conclusions issues de l’AG du mardi 10 février :
- Cela va alourdir considérablement les échanges et les prises de décision. Sont niés dans cette perspective : l’aspect scientifique de l’archéologie et son indispensable collégialité.
- Cela pose également les questions suivantes : qui fait la recherche archéologique dans l’établissement ? Que deviennent les missions des AST, les missions et responsabilités des RO ?
Mme la Directrice nous a affirmé que la création de ce nouvel échelon hiérarchique n’allait absolument « rien changer pour les archéologues ». Il est de nature exclusivement administrative, aucune considération sur la nature de notre travail n’a été pris en compte dans ce projet, il ne devrait aucunement entraver notre liberté d’action. Mais alors, à quoi il sert ?
Selon la volonté de Mme REMAURY notre seul et unique interlocuteur doit être notre AST. Comment expliquer et défendre un projet alors que notre seul interlocuteur n’aura plus de pouvoir décisionnel et que l’accès à l’échelon supérieur nous sera interdit ?
Nous avons enfin proposé de gérer les priorités en fonction des urgences : un nouvel échelon hiérarchique ne fera que régner sur un socle exsangue. Il faut déjà redresser la situation des archéologues et des administratifs plutôt que de penser à rajouter un chef qui ne fera que constater les difficultés. Nous avons exposé les problèmes concrets en termes de moyens
financiers et humains. Visiblement il y a de l’argent pour créer 2 postes d’agents hors catégorie mais pas pour un 4e AST ou même un technicien supplémentaire.
TRAVAILLER ENSEMBLE ?
Bien que Mme la Directrice Générale ait confirmé Hervé Guy dans ses fonctions, Mme REMAURY ne souhaite plus travailler avec lui. Les motifs évoqués lors de notre entrevue hier ont été quelques peu surprenants. Il ne ressort aucune faute professionnelle mais une incompatibilité, notamment un manque de confiance de la part de notre Directrice interrégionale envers Hervé Guy. Ces arguments nous ont paru bien "petits" au regard du travail effectué par Hervé Guy à ce poste depuis 2002.
Mme REMAURY remet donc en cause toute une organisation légitime qui s’est installée grâce à la capacité d’Hervé Guy et de ses collègues à travailler depuis des années en toute « collégialité ».
En justification, Mme la Directrice régionale a exprimé son incompatibilité « managériale » (sic) à travailler avec M. Guy. Nous avons réfuté le terme employé et opposons une vision scientifique et collégiale de notre activité.
Il est regrettable que notre directrice interrégionale n’intègre pas l’aspect scientifique de la fonction des AST et remet par là en cause toute une organisation sur le simple fait qu’elle n’a pas la même conception de notre travail qu’Hervé Guy. Cela n’est pas recevable : on ne règle pas les problèmes en les évacuant.
Dans le même temps, son principal argument, pour la création d’un échelon hiérarchique supérieur aux AST, est justement une mésentente entre ces derniers. Il est ici utile de rappeler que ces AST ont tout de même collaboré pendant de nombreuses années malgré la charge de travail qui n’a pas facilité leur tâche.
Leur reprocher, par cet argument démagogique, un mauvais travail est réducteur et inacceptable !
Dans l’intérêt de tous il est regrettable qu’elle ne puisse dépasser ce conflit, réduit à seulement deux personnes. Cette opposition désorganise notre établissement dans un contexte général non propice à l’archéologie préventive. Dans cette logique « managériale », faut-il rajouter un échelon hiérarchique au-dessus de Catherine REMAURY ?
Nous réaffirmons notre exigence qu’Hervé Guy soit réintégré immédiatement dans ses fonctions pleines et entières.
Nous avons eu le sentiment que Mme REMAURY manquait d’arguments et se retranchait derrière un discours administratif et « managérial » lors que nous lui parlons collégialité et science.
Elle a conclu en nous affirmant qu’elle allait « passer les messages » à la Direction Générale, écartant ainsi sa responsabilité propre. Elle est pourtant Directrice interrégionale et non secrétaire.
Nous avons sollicité et convenu d’une réunion de concertation le 20 février à 14h, après la réunion CTP prévue, et ce pour faire le point sur le projet et les amendements apportés.

Babette

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Date d'inscription : 16/02/2009

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